Un tour de cou en cachemire ne se juge pas à sa description, mais à ce qu'on peut en dire avec précision : d'où vient la fibre, qui l'a filée, où elle a été tricotée. Voici la réponse, étape par étape, pour chacun de nos six modèles — une même pièce, déclinée en six coloris, tricotée dans notre atelier de Villers-Bocage.
D'où vient le cachemire de nos tours de cou ?
Le parcours de la matière, dans l'ordre :
- Cachemire : Chine. C'est là que vivent les chèvres dont le duvet est récolté. Aucun élevage européen ne produit de cachemire — toutes les maisons, quelle que soit leur nationalité, s'approvisionnent en Asie.
- Filature : Italie. Le duvet y est transformé en fil, dans un bassin lainier dont le savoir-faire sur les fibres fines n'a pas d'équivalent en Europe.
- Teinture : Italie. Elle suit la filature, sur le même bassin, avant que le fil ne parte vers la France.
- Conception : La Verrie et Villers-Bocage. Nos bureaux et notre atelier travaillent ensemble sur chaque modèle — le département achat sélectionne le fil, la styliste et la modéliste de l'atelier dessinent et mettent au point la pièce.
- Tricotage : Villers-Bocage. La pièce est tricotée dans notre atelier du Calvados.
- Confection : Villers-Bocage. Assemblage, remaillage et finitions à la main, au même endroit, par les mêmes équipes.
Nous préférons afficher cette chaîne plutôt que la résumer à une mention. Le cachemire ne pousse pas en France, et laisser croire le contraire n'aurait pas de sens. Ce qui se passe en France, c'est le travail de la matière : la conception, le tricotage, la confection. C'est là que se décide la tenue d'une maille, la régularité d'une côte, et la durée de vie d'une pièce.
C'est aussi ce qui distingue nos tours de cou de la plupart des cachemires vendus en France, tricotés là où la fibre est produite.
Un atelier qui tricote depuis 1923
L'atelier de Villers-Bocage n'a pas été monté pour nos collections. Il tricote depuis 1923.
Fondé sous le nom de Tricots Philips, il produisait à l'origine des chaussettes et des collants. Détruit par les bombardements de 1944, il a été reconstruit entre 1948 et 1950 au 38 boulevard Maréchal Joffre, où il se trouve toujours. Il porte aujourd'hui le nom de BS Production et emploie trente personnes.
Deux générations de machines y cohabitent. Les métiers Stoll, pilotés par ordinateur, tricotent la majorité de nos mailles : jersey, côtes, torsades, jacquard, intarsia. À côté d'eux tournent encore des métiers rectilignes Bentley Cotton, dont nous sommes l'un des tout derniers fabricants français à disposer. Ceux-là tricotent en forme, maille à maille, des pièces déjà diminuées sur la machine et prêtes à assembler.
Certains gestes ne s'apprennent pas en quelques semaines. Le remaillage, qui consiste à réunir deux pièces tricotées maille par maille, demande plusieurs années de pratique. C'est ce type de savoir-faire, invisible sur le produit fini, qui explique qu'une production comme la nôtre soit devenue rare.
Chaque modèle existe d'abord sous forme de prototype. Et chaque pièce qui sort de l'atelier passe un contrôle qualité individuel, une par une.
Une précision, parce qu'elle compte : ces cent ans sont ceux de l'atelier, que nous n'avons pas fondé mais repris — en le sauvant de la liquidation, avec ses trente emplois. Notre maison, elle, tricote depuis 1930, née en Vendée de l'atelier d'un éleveur de moutons et de lapins angora. Deux histoires qui n'en font plus qu'une.
Une maille côtelée, tricotée dans le Calvados
Nos tours de cou sont tricotés en côtes. La maille côtelée alterne mailles endroit et mailles envers : elle donne au tissu son relief et son élasticité. Concrètement, la pièce reprend sa forme après chaque port et ne se détend pas à l'encolure, là où un tour de cou s'use en premier.
C'est aussi la maille la plus fine de nos tours de cou — plus fine que la maille perlée de nos modèles en laine mérinos. Elle se glisse sous un col de chemise ou de manteau sans créer de surépaisseur.
Chaque modèle est en taille unique, conçue pour s'adapter à toutes les morphologies.
Entretien :
- Lavage en machine, programme laine, 30 °C maximum
- Essorage doux, moins de 600 tours par minute
- Séchage à plat, à l'abri du soleil direct
Le point décisif est l'essorage. C'est lui, bien plus que le lavage lui-même, qui fatigue une fibre fine. Un cachemire lavé souvent mais essoré doucement vieillit mieux qu'un cachemire lavé rarement et essoré fort.
Trois façons de le porter, un seul modèle
Un tour de cou en cachemire se porte de trois manières. Nos six modèles permettent les trois : le choix se fait donc sur la couleur, pas sur la forme.
En boucle, au ras du cou
Le port le plus courant. La pièce se pose contre le cou et suit la ligne du col. C'est le choix par défaut si vous hésitez, et celui qui met le plus en valeur le relief de la côte.
En cache-cou, sous le vêtement
Remonté sur la nuque et glissé sous une chemise ou un manteau, il ne se voit pas. C'est le port le plus discret — celui qu'on oublie une fois enfilé, et qui comble l'espace entre le col et la nuque.
En col, par-dessus
Ressorti sur un pull ou un manteau, il devient une pièce visible et joue le rôle d'un col amovible. C'est le port le plus habillé des trois.
Pour savoir lequel choisir selon la température, et comment le cachemire se compare à la laine mérinos, consultez notre page tour de cou chaud femme.
Nos six coloris
- Bleu chiné
- Bleu saphir
- Rose
- Rose framboise
- Noir
- Poivre
Ces six coloris sont un seul et même modèle, la référence 7689. Ils sont produits en quantités limitées : quand un coloris est épuisé, il ne revient pas. Ce n'est pas un effet d'annonce, c'est la conséquence de notre façon de produire, expliquée sur notre page tour de cou femme.
Pour voir l'atelier où ces pièces sont tricotées, rendez-vous sur notre page atelier.